L’équipe, l’utopie d’une idylle

 

Un éducateur spécialisé est rarement amené à travailler seul. Partenaires, familles, équipe. Ah ! L’équipe ! Nombreux sont les auteurs qui la mentionne. Elle est à la fois si indispensable et si nuisible ! En effet le mythe de l’équipe idéale est bel et bien un mythe. Mais avec un peu de travail, de confiance et de foi on devrait pouvoir s’y rapprocher non ?

A priori une équipe devrait être une force, le travail avec l’autre devrait être une source d’enrichissement. L’autre devrait être un garde-fou, devrait offrir un espace de questionnement. Cependant ce n’est pas si simple.

Dans une équipe chaque personne à son identité professionnelle, sa vision des choses, sa manière d’intervenir. Alors comment composée avec elle ? Sans oublier que nous pouvons déjà ressentir un écart entre le professionnel que nous aimerions être et le professionnel que nous sommes.

 

Prenons pour exemple une équipe de trois personnes qui travaille auprès de 14 jeunes. Bon déjà travaillé à trois ce n’est pas évident. Bizarrement on en revient souvent à ce bon vieux schéma du 2+1. C’est pourquoi je pense primordiale d’établir de bonnes bases dès le départ pour éviter la mise à l’écart d’un membre de l’équipe. Mais si ce n’était que ça ce serait bien trop facile.

Donc imaginons que dans cette équipe chaque personne à une manière d’intervenir différente. Cela se complique. Comment trouver une entente ? Le travail d’équipe est un travail au quotidien. Chaque professionnel devrait avoir la possibilité de parler avec simplicité, d’exprimer un trop plein, de questionner une pratique. Dans le cas contraire le silence s’impose et le quotidien fait place à une ambiance électrique.

 

Imagine que tu es un professionnel  plutôt patient et que tu as une approche disons pacifiste même si tu peux faire figure d’autorité quand cela te semble justifié. Ta collègue, elle, a plutôt un penchant pour l’autorité et ne laisse rien passer.

C’est l’heure de la réunion quotidienne. Les jeunes disent la date chacun leur tour. Sauf que le dernier se trompe. Tu l’encourages donc à recommencer mais il n’y arrive toujours pas. Ta collègue lui fait remarquer que s’il avait écouté ses copains il la saurait. Elle commence à s’énerver devant la non réaction du jeune et lui dit que s’il ne dit pas la date correctement il ira dans le couloir pour y réfléchir. Toi tu trouves ça un peu dur mais ta collègue l’a dit, trop tard, tu dois la suivre. Tu demandes à un autre jeune de répéter la date pour aider son copain mais sous la menace le jeune se sent trop stressé pour écouter cette aide. Ta collègue s’énerve et lui demande de sortir du groupe. Tu n’es pas d’accord mais tu laisses faire. Tu veux garder une cohésion d’équipe, tu ne veux pas la décrédibiliser. De son côté ta collègue pense que c’est encore elle qui a le mauvais rôle. C’est elle qui fait figure d’autorité ; elle pense que tu n’interviens pas assez. Mais en réalité tu as juste une autre approche, une autre manière de considérer les choses.  Punir pour punir, quel est le sens ?

 

Des exemples comme celui-ci il y en a des dizaines et des dizaines. Il est primordial de pouvoir en reparler par après avec ses collègues, il est nécessaire qu’un espace de discussion soit possible. Car si ces petits désaccords sont tus, le travail de l’équipe est mis en danger. La cohésion d’une équipe joue un grand rôle dans la qualité d’intervention et dans l’accompagnement.

 

 

Discussions est le maître mot. Encore faut-il que tous l’accepte. 

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